La difficile prédiction de l'empreinte environnementale du numérique
L’impact environnemental du numérique
Dans la presse, à la radio, sur les réseaux, on voit apparaître des articles, des interviews, dénonçant l’empreinte environnementale croissante du numérique. Les chiffres de 3 à 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre seraient liés directement au numérique. Nous, acteurs qui travaillons dans ce secteur, sommes-nous en train de participer activement à un écocide ?
Croissance et décroissance
Une chose est certaine, depuis toutes ces années, le numérique est au cœur de nos vies, et il est incontestable que la croissance de ses usages est une réalité bien établie. Cependant, il y a 25 / 30 ans, une ampoule à incandescence de 60 Watts suffisait à peine à éclairer une pièce, alors qu’aujourd’hui un MacBook Pro ne consomme même pas 60 Watts.
Donc la croissance de l’usage ne veut pas forcément dire la croissance de la consommation (particulièrement électrique).
La croissance de l’usage du numérique signifie également bien souvent la décroissance d’autres usages, qui peuvent être bien plus polluants avec un impact plus fort sur l’environnement (exemple : télétravail versus prendre sa voiture pour aller au bureau, etc.).
Des études assez incomplètes sur l’empreinte environnementale du numérique
Il est surprenant de ne pas trouver une étude d’impact du numérique avec une vision globale. Une analyse intégrant une balance risque / bénéfice, et prenant en compte les éléments à charge et à décharge. La plupart des études qui sont largement partagées sont, de ce point de vue, biaisées ou incomplètes.
Cependant, il existe quelques études, documentées, sourcées.
Par exemple celle de George Kamiya, ancien analyste de la politique énergétique, dont on pourrait traduire le titre par L’empreinte carbone de la vidéo en continu : vérification des faits.
Cette étude se focalise essentiellement sur l’empreinte du streaming vidéo, gros consommateur de ressources. À l’échelle des États-Unis, la consommation électrique des data centers est stable depuis 2015, alors qu’au même moment le trafic internet, ainsi que ses usages, croît d’année en année.
Cet élément est intéressant, car très différent des communications que l’on peut trouver sur le sujet, et le constat peut même sembler contre-intuitif à première vue.
Efficacité et bon sens
Un autre article du « World Economic Forum », paru fin 2023 : Pourquoi nous devons renforcer la diplomatie technologique pour exploiter les possibilités offertes par l’économie numérique ? mentionne une statistique intéressante.
Même si le numérique représente 3 à 4% de l’empreinte environnementale des activités humaines, il représente également plus de 15% du total de cette activité. C’est donc un secteur très efficient d’un point de vue environnemental, surtout si on le compare à d’autres secteurs.
Évidemment, il ne s’agit pas de nier l’impact environnemental de la construction d’équipements, d’ordinateurs, de smartphones, etc.
Les renouveler tous les ans reste un non-sens environnemental. Au-delà du problème de leur fabrication, le marché de l’occasion et du recyclage peut aider à le réduire, mais sans jamais l’annihiler il faut bien le reconnaître.
La question de l’empreinte énergétique du numérique reste ouverte
En conclusion, il est bien difficile de se faire une opinion tranchée sur cette question complexe.
Mais tout n’est jamais blanc ou noir, et la question est suffisamment sérieuse pour s’y intéresser.
Personnellement, on peut penser que le numérique fait plus partie de la solution que du problème.
De plus, tant que les coûts de l’énergie continueront à croître, le numérique continuera à s’adapter pour toujours consommer moins et produire plus, afin d’optimiser de plus en plus l’ensemble des ressources.
L'empreinte environnementale du numérique est complexe à évaluer, et l'IA amplifie ce débat. Les enjeux éthiques qui l'entourent — responsabilité, transparence, impact sociétal — méritent une analyse approfondie.
Intégrez l'IA dans votre logiciel avec Agora Software.
Parlons-en